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L'église abbatiale

 

L’histoire de l’église

Initialement, une église existait au pied du château de la Motte aux Bois, ancien nom de Saint-Antoine, et était dédiée à Marie. C’est cette église que Guigues Didier, successeur de Jocelyn, a vraisemblablement agrandie pour y placer les reliques. Lorsque les Bénédictins s’installent, ils se lancent aussitôt dans la construction d’une nouvelle église. Elle est  consacrée en 1119 par Calixte iI, récemment nommé pape à Cluny et qui, rejoignant Rome, s’arrête à Saint- Antoine.

Cette église romane ayant, sans doute, été détruite par un incendie, les bénédictins entament, au 13ème siècle, les travaux de construction d’une deuxième église en lieu et place de la précédente, dans le style du jour : le style gothique. Les antonins, une fois maîtres des lieux (1297) poursuivront et achéveront la construction.

Dans un décor de côteaux pentus, il fallut d’abord aménager un terre-plein suffisamment large et construire un grand mur de soutènement tel qu’on peut le voir aujourd’hui. Appelé le « Gros mur », il mesure jusqu'à 30 mètres de hauteur. Il devra être repris au 17ème siècle afin de le consolider. 

L'intérieur de l'église

De l’entrée, on ressent malgré les dimensions relativement réduites de la nef, une impression de hauteur et d'élan vers la lumière qui inonde l'espace. La Grande verrière, les claires-voies et les fenêtres du premier niveau, soit plus de 45 ouvertures, en sont à l’origine. Cette luminosité était tempérée, autrefois, par des vitraux colorés. Ils ont malheureusement disparu.  

L’église abbatiale, dont la longueur totale est de 61 mètres, se compose d’une grande nef et de deux nefs latérales (appelées collatéraux) sur lesquelles s’ouvrent des chapelles.

Le transept n’est qu’une travée à peine différente des autres. Il constituait un axe de communication entre les accès nord et sud, l’un desservant directement le monastère, l’autre donnant sur la Grande cour. 

L’église abbatiale compte 17 chapelles auxquelles il faut ajouter les 3 qui composent le Trésor et la sacristie. Elles ont été « fondées » par des abbés de l’Ordre, des notables, voire des chanoines. Elles permettaient de perpétuer des messes et, pour certains fondateurs, d’y être inhumés. L’autel se trouvait orienté Est comme le maître-autel. Les tombeaux étaient encastrés dans le mur au-dessous des fenêtres. Au 17ème siècle, lors des réparations nécessitées par les dévastations huguenotes, les autels ont été déplacés et une ouverture a été pratiquée dans l’épaisseur des murs permettant aux chapelles de communiquer entre elles.

A cette époque les modes et les styles changent. C'est le style classique qui prédomine. C’est celui des bâtiments conventuels à l’occasion de leur reconstruction. Au sein de l’église abbatiale, les fresques et les peintures sont totalement recouvertes d’un badigeonnage gris uniforme. La représentation de l’histoire religieuse et la décoration ne se font plus directement sur les murs mais au travers de tableaux souvent de très grandes dimensions. Ils ornent l’abside et les chapelles. A côté de peintures d’artistes alors en vogue figurent des copies d’œuvres de peintres renommés.   

Chaque chapelle était placée sous la responsabilité d’un recteur qui devait s’acquitter des messes de fondation et percevoir les revenus attachés à la chapelle. Si toutes ces chapelles sont, à des degrés divers dignes d’intérêt, trois chapelles attirent plus particulièrement l’attention : la chapelle saint Paul, ermite, la chapelle saint Pierre et saint Paul et la chapelle saint Antoine.

 Le maître-autel

Cet autel a été commandé par  l’abbé Jean Rasse en 1667 à Jacques Mimerel, sculpteur lyonnais.

Installé en avant du transept, il constitue aussi un mausolée puisqu’il est destiné à recevoir la châsse dans laquelle sont conservées les reliques de saint Antoine. En marbre de Savoie et en bronze, il est surmonté du Tau, emblème antonin,  qu’encadrent deux anges maintenant, au-dessus de lui, une couronne. En-dessous, dans le vide de l’ovale, est suspendue une colombe, symbole du Saint-Esprit. De la statuaire qui magnifiait le mausolée, seuls les lions de bronze ont été épargnés par la folie révolutionnaire.  Les statues initiales ont été fondues ! Au 19ème siècle, les quatre évangélistes : Mathieu, Luc, Marc et Jean les remplacent.

 

Le mausolée renferme la châsse de saint Antoine. La décoration est celle d’un monument funéraire avec guirlandes de feuilles, de fleurs et de fruits et une grille en bronze ciselé. Deux vertus, un genou à terre, semblent garder le tombeau tout en invitant à sa découverte. Une inscription en lettres dorées et en latin rappelle la promesse de Dieu à saint Antoine : « Faciam te in toto orbe nominari » (je ferai connaître ton nom à tout l’univers).

La châsse de saint Antoine

Une châsse est offerte, en 1648, par Jean du Vache, noble dauphinois, sous la gouvernance de l’abbé Jean Rasse. La châsse, remarquable œuvre d’orfèvrerie, a la forme d’un coffret rectangulaire, à l’origine en poirier noirci, recouvert de plaques d’argent travaillées au repoussé. Six tableaux racontent la vie du saint, œuvres de l’orfèvre grenoblois Jean Eynardon.

Le chœur

Le chœur était fermé par une grille qui fut fondue à la Révolution comme d’ailleurs toutes les grilles qui protégeaient les chapelles (une seule de celles-ci a gardé ses grilles d’origine, il s’agit de la chapelle du Rosaire).

Dans les niches, les statues initiales ont été détruites à la Révolution. Elles ont été remplacées en 1868 par les statues actelles qui représentent de gauche à droite, face au choeur : Paul, François de Salles et Augustin, puis Pierre, Vincent de Paul avec un enfant dans les bras et Eloi et son enclume.

L'abside

L’abside est occupée par 97 stalles, sur deux rangées, commandées en 1630 par l’abbé de Grammont à François Hanard, maître-menuisier lyonnais. C’est un bon travail de menuiserie  qui n’a rien de remarquable sauf, peut-être, le baldaquin qui surmonte la rangée supérieure des stalles et qui sert d’ornementation et d’abat-voix. Les sièges relevés montrent une tablette, appelée miséricorde, qui permettait aux moines, obligés de rester longuement debout lors des offices, de bénéficier d’une position un peu plus confortable.

C’est à cette époque, sans doute, qu’a été supprimé le jubé qui fermait l’abside, celle-ci constituant autrefois le chœur de l’église.

Au dessus des stalles figurent des tapisseries commandées à Aubusson en 1623. Elles ont pour thème la vie de Joseph, personnage biblique. Les trois vitraux représentent de gauche à droite le pape Calixte II qui consacra l'église, saint Antoine avec ses attributs (le Tau, la clochette, le cochon et le livre), le baron Jocelyn, le seigneur du lieu qui ramena les reliques d'Antoine.

 

Le grand orgue

C'est en 1639 que l’abbé Payn Lajasse fait construire la tribune qui est destinée à accueillir l’orgue tel qu’il se présente actuellement, complété par un positif installé en 1739 par  Jérémie Carlin, franc-comtois habitant la région. Deux autres facteurs interviendront pour des aménagements complémentaires : Louis Baron, en 1692 et, plus particulièrement, le genevois  Samson Scherrer, en 1748, à qui on doit l’apogée sonore de l’orgue.On admire l’élégance du buffet en noyer composé de cinq tourelles dont quatre sont surmontées d’anges musiciens sculptés. La colonne centrale, chapeautée d’une couronne et d’une croix, présente les armoiries de l’Ordre avec l’aigle bicéphale et le Tau. 

Ces orgues ont été déménagées et installées à Grenoble en 1805, malgré l'opposition des habitants. Elles sont revenues seulement en 1981, sous l'action conjuguée du curé de la paroisse, de l'association les Amis des Antonins et des édiles locaux. Reconstruites par Damien, ébéniste et par Aubertin, facteur, elles fonctionnent depuis 1992.

L’orgue actuel comporte 2652 tuyaux pour 44 jeux.

Eglise singulière

Elle l'est par ses dimensions, le nombre des chapelles, les fenêtres toutes différentes, la multiplication des triskèles...     Elle l'est également parl'énergie tellurique qu'elle dégage, la mesure de l'heure qui y est faite à trois endroits différents, les sculptures de bois de caractère hermétique...  

L'horloge solaire dans le clocher, conçue sans doute par un chanoine antonin, Jean Borrel, dit Buteo

 

   RETOUR A LA PAGE UN LIEU EXCEPTIONNEL

 

L’extérieur de l’église

       

Qualifiée très justement de fleuron de l’architecture gothique du Dauphiné, l’église présente toutefois un caractère atypique...

Par ses dimensions, elle se révèle plus large (32 mètres) que haute (22 mètres) contrairement à la tendance à la verticalité des églises gothiques traditionnelles. La déclivité naturelle du terrain a nécessité de le remblayer et de construire un mur pour le soutenir. Il était donc nécessaire de répartir la charge de la construction. Par ailleurs, la vocation de l'église étant d'accueillir de nombreux pélerins, une grande surface d'accueil était souhaitable.

Cette église reste belle malgré les dommages subis par le mauvais vieillissement de la pierre choisie, la molasse, et par les destructions occasionnées par les hommes. En effet Guerres de Religions et Révolution ont provoqué des dégats inestimables (statuaire, vitraux, clocher ...)

Enfin, au plan de la construction, l'édifice dont la construction s'est étalée sur plus de deux siècles, a la particularité de présenter trois périodes du gothique : le gothique naissant pour le chevet, le gothique classique pour la nef et le gothique flamboyant pour la façade Le clocher, incendié par les huguenots, a été recouvert, au début du 17ème  siècle, d’un lanternon aux tuiles vernissées.

La façade, achevée en 1484, présentait 34 statues en pied et 85 statuettes. Les statues ont disparu, des statuettes ont été endommagées. Le thème général est le Christ en Gloire. Aux voussures du tympan sont exposées autour du Christ toute la hiérarchie des anges célestes (anges, archanges, sépahins, chérubins)r. Dans la voussure inférieure, se tiennent notammnent des personnages de l'ancien Testament : Moïse, Salomon, David, la Sibylle ... Malgré les destructions, on peut apprécier la finesse du travail, l’aisance des mouvements, la grâce des expressions. Cette œuvre serait celle du sculpteur avignonnais Le Moiturier (auteur du tombeau de Philippe le Hardy, duc de Bourgogne, à Dijon) qui séjourna à Saint-Antoine de 1461 à 1464.

Une immense verrière (baie) à quintuple meneaux, diffuse la lumière. Dans sa partie haute, l’ossature de pierre dessine étrangement neuf triskèles celtes. Ceux-ci symbolisent le soleil donc la lumière et l’énergie.

La chapelle Saint-Paul, ermite

les fresques

Il s’agit de la chapelle dite des fresques consacrée à saint Paul, ermite, la deuxième dans le collatéral nord. Cette chapelle a été fondée par Gérenton de Châteauneuf, abbé de l’Ordre de 1389 à 1410. Elle reçut sa dépouille mortelle et on devait y célébrer chaque matin la première messe du jour.

Les fresques des murs, restaurées en 1951, montrent une scène de crucifixion du Christ. Représentation peu fréquente, le Christ est nu et asexué. Au pied de la croix figurent, de gauche à droite, saint Antoine, l’abbé Gérenton, fondateur de la chapelle, la Vierge en pleurs et saint Jean. A droite, l’archange saint Michel pèse les âmes. Au-dessus, des scènes de la vie de saint Antoine, et notamment ses tentations, restent visibles.

En face, géant débonnaire, saint Christophe porte l’enfant Jésus qui, bien que frêle, pèse lourd sur ses épaules. Il ne saura l’identité de son divin fardeau qu’après avoir atteint l’autre rive. De part et d'autres des scènes de la vie de saint Antoine sont représentées, telle l'nhumation de saint Paul. Selon la légende, Antoine est aidé par deux lions qui creusent le sable.

Certaines de ces fresques seraient dues à Robin Fournier, peintre avignonnais, actif à Saint-Antoine vers 1426.

l'abside